L’accessibilité aux soins, un épineux problème!

Publié le à 9:35 par Dr Charles Bernard

Que peut faire le Collège des médecins pour contribuer à améliorer l’accessibilité aux soins de santé au Québec?

C’est la principale question à laquelle ont tenté de répondre les administrateurs et les médecins qui travaillent avec moi au Collège, lors de la journée de réflexion annuelle. Bien que notre mission première soit d’assurer une médecine de qualité au Québec, nous sommes préoccupés par l’organisation du réseau de la santé puisque l’accès aux médecins fait partie intégrante de la qualité des soins offerts.

Lors de cette journée de réflexion, les quatre questions suivantes ont alimenté nos discussions :

  • À titre de patient, que retenez-vous de vos expériences pour l’accès aux soins?
  • Vous avez tous les pouvoirs; quelle est la décision que vous mettez de l’avant pour améliorer l’accès aux soins?
  • De quoi avez-vous besoin pour appliquer cette décision?
  • Qu’est-ce que le Collège des médecins peut faire, en accord avec sa mission, pour contribuer à améliorer l’accessibilité aux soins?

Je retiens à la suite de nos échanges que les parties concernées doivent avoir une cohésion et une motivation commune. Je crois, entre autres, qu’une meilleure communication entre les médecins et les autres professionnels ainsi que la promotion du travail en équipe et du professionnalisme sont des éléments de réponse. Une plus grande responsabilisation professionnelle, un meilleur sentiment d’appartenance à la profession et une remise en question permanente de nos façons de faire sont aussi des pistes de solutions, car les ressources et la main-d’œuvre sont disponibles.

Bien sûr, l’accès aux soins est une notion très complexe qui continuera de susciter les débats en santé. Quelles solutions proposez-vous afin de faire mieux pour les patients?

 


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15 réponses à L’accessibilité aux soins, un épineux problème!

  1. Dre Louise Lajoie :

    L’ACCÈS AUX SERVICES/SOINS DE SANTÉ

    Déjà depuis plusieurs décennies, l’OMS et de nombreux experts de santé publique affirment que « la pauvreté est clairement l’élément clé de l’accès aux services de santé ». Au Québec, on assure à toute la population québécoise de pouvoir bénéficier de services de santé de haute qualité. Si on cherche à mettre la priorité sur la rapidité (bien qu’encore défaillante) à obtenir ces services, il ne faudrait pas négliger de se pencher sur la notion d’équité, de même que sur la définition d’accessibilité à ces services. De réfléchir sur une façon de mesurer et d’évaluer si ces services de santé sont bel et bien accessibles à tous.

    Définition de l’accessibilité
    Quelques auteurs ont suggéré de définir l’accès comme le potentiel d’entrer ou l’entrée véritable d’un individu ou d’un groupe de population dans le réseau de santé. Selon ces auteurs, «avoir accès» décrit un potentiel à pouvoir utiliser un service de santé si requis, tandis que «gagner l’accès» réfère à l’initiation d’un processus d’utilisation réelle d’un service de santé. Pour mesurer l’accessibilité aux services, il serait souhaitable de considérer si les gens ayant besoin de soins/services accèdent ou non au réseau de santé.

    Les 4 dimensions à l’accessibilité:

    - Disponibilité des services

    Avoir accès aux services de santé implique que l’approvisionnement de tels services est adéquat (en nombre et en répartition). Ce qui signifie que les services devraient être disponibles et prodigués quand désirés ou requis. Traditionnellement, on mesure l’accès aux services en nombre de médecins per capita ou en nombre d’établissements de soins; ce qui se reflète par une grande disproportion des points de services au niveau des territoires desservis. Les personnes qui comprennent l’approche populationnelle en ne regardant que le nombre de personnes sur un territoire sans tenir compte des autres déterminants de la santé des populations ou de l’organisation des services font fausse route.

    Dans une perspective économique, il serait plus juste de mesurer l’accès aux services en termes de coûts encourus par individus requérant les services de santé. Ces coûts devraient englober les frais de déplacement pour se rendre aux points de services, parfois éloignés ou difficiles d’accès sans voiture. Mais dans notre système de santé tel qu’il est conçu, les individus ayant à défrayer un coût x égal n’ont malheureusement pas tous le même accès. La différence de l’impact dépend de l’importance des coûts et de la capacité à les assumer.

    En ajustant notre approche sur le plan d’équité, l‘accès aux services deviendrait une simple question d’offre, l’utilisation étant fonction à la fois de l’offre et de la demande. Considéré sur le plan de l’équité, l’accès deviendrait donc l’opportunité égale de pouvoir accéder aux services, qu’on s’en prévale ou non.

    Les variations d’accessibilité effectivement observées sur le terrain soulèvent des questions au niveau des ressources requises pour donner ces services/soins de santé, des méthodes utilisées pour allouer les ressources aux différents territoires géographiques et à la façon dont les services devraient être configurés aux niveaux régional et local afin d’optimiser la disponibilité des soins primaires et des services spécialisés.

    - Utilisation des services et barrières à l’accessibilité

    La disponibilité des services n’est pourtant qu’une dimension de la mesure de l’accès. Les gens nécessitant des soins/services peuvent souvent rencontrer des difficultés à y accéder. La véritable accessibilité se définit en capacité à véritablement utiliser les services et non en simple présence de la ressource. L’accessibilité devrait décrire le degré d’ajustement entre les bénéficiaires et le système de santé. Ce degré d’ajustement serait influencé par 3 facteurs : les services de santé sont-ils acceptables? abordables ? satisfaisants ?.

    Au-delà de la disponibilité, on doit aussi considérer les barrières personnelles (perceptions de besoins, attitudes, convictions et expériences antérieures avec les services de santé, influences sociales, culturelles et contraintes environnementales), financières, (assurances, frais de transport, heures d’absence du travail, coûts d’analyse/de traitements, médicaments, etc.) géographiques (éloignement, localisation difficile d’accès par transport en commun ou à pied) et organisationnelles (délais de consultations entre services primaires et spécialisés, longues listes d’attente, nombre d’établissements de soins à visiter, etc.) .

    Bien sûr, il y a toujours de grandes différences dans le jugement d’une condition urgente ou sérieuse, dans le désir de se prévaloir ou non de services préventifs ou dans la demande (parfois inappropriée ou au mauvais endroit) de services de santé.

    - Pertinence, efficacité et accessibilité

    Le processus d’entrée dans le système de santé représente seulement une part limitée de toute l’interaction entre l’offre et la demande de services / soins. L’objectif ultime devrait être de promouvoir et de préserver la santé, bien avant de la traiter.

    On a défini l’accès optimal comme le bon service reçu au bon moment et à la bonne place, ou encore comme l’utilisation, à un moment opportun, de services de santé permettant d’obtenir les meilleurs résultats possibles (meilleur état de santé possible).

    Ces définitions ajoutent donc la notion de temps, de service adéquat et de résultats optimaux (guérison, séquelles, pronostic). Ici, on regarde la force d’interaction des différents indicateurs. Par exemple, des barrières organisationnelles peuvent entraîner un délai (examen, consultation, traitement) tel que l’état de santé de l’individu se détériore.

    Une analyse de l’accès selon les résultats de santé attendus peut mener à des conclusions très différentes d’une analyse qui reposerait sur des critères d’accessibilité ou d’utilisation de services. Ainsi, si un service prodigué démontre des résultats favorables (état de santé amélioré), le besoin et l’utilisation de ce service en seront diminués (l’individu étant mieux, il ne s’en prévaudra plus).

    - Équité et accessibilité

    Bien que similaire comme concept, celui de l’accessibilité aux soins amène aussi à se questionner, en termes d’égalité ou de justice sociale. Motivée par le concept de justice sociale, notre société prône le concept de gratuité des soins. Cela implique le maintien du panier de services de santé à assurer à la population et l’assurance de la desservir aussi à travers l’expansion de nouveaux services à venir. Or, la gratuité ne garantit ni l’accessibilité ni la rapidité à dispenser l’examen ou le soin dans un délai raisonnable. Par exemple, certains services sont gratuits en centre hospitalier mais payants en milieu privé (échographies, endoscopie, prises de sang, physiothérapie, etc.), avec une différence de temps d’attente non négligeable.

    La notion d’accès englobe aussi le souci d’assurer que les ressources de services de santé sont mobilisées pour répondre aux besoins des différents groupes de la population. On se préoccupe alors d’équité dans l’accès aux services des groupes d’individus avec des besoins équivalents. Cette forme d’équité horizontale peut être évaluée en fonction de la disponibilité ou de l’utilisation (indicateur préféré comme mesure de l’accès, sous forme de taux utilisation /besoins) des services de santé ou en fonction des résultats dans l’état de santé. Les études n’ont pas révélé de différences importantes d’inégalité en termes d’utilisation, mais bien plus en termes de disponibilité de services ou de résultats sur l’état de santé.

    D’autres difficultés dans l’évaluation de l’équité à l’accès sont vues sur un axe vertical : les problèmes de santé des différents groupes sont divers; les besoins de services pour des problèmes de santé similaires varient; les différents groupes ont leurs propres priorités et valeurs. Donc, les groupes ayant des besoins différents nécessitent l’accès à des services qui sont suffisamment différenciés en termes de volume et de qualité.

    Cette dimension verticale à l’équité (le traitement inégal des gens inégaux) est plus difficile à mesurer que l’horizontale, et non pas moindre, en raison du peu de consensus sur la façon dont l’équité verticale pourrait être considérée.

    On réalise que le concept d’accès aux services/soins de santé est complexe et doit tenir compte de plusieurs dimensions. La recherche d’une offre de services de qualité, uniforme, d’utilisation appropriée et d’égalité d’accès peut être conflictuelle avec le développement de services basés sur les priorités et besoins locaux; ce qui résulte en des variations géographiques d’accès. Dans un système de santé qui se veut égalitaire, la notion d’équité est probablement la plus importante, mais aussi, la plus déficiente, sûrement parce que c’est la plus difficile à mesurer et à opérationnaliser.

    Au cours des dernières années, les politiques de santé ont cherché à changer les comportements des bénéficiaires, pour les orienter davantage vers des ressources alternatives (pharmacies communautaires, info-santé, sites web, cliniques sans rendez-vous, etc.), et ainsi décharger les services primaires de consultation. Certains de ces développements étendent l’accès à des services au-delà de la notion d’accessibilité physique. Mais l’organisation-même du système reste déficiente et devrait être sérieusement revue.

  2. Dr P. Clifford Blais :

    Bonjour Dr Bernard,

    Comme idée pour améliorer l’accessibilité des soins à la population, j’aimerais vous aviser que j’ai la semaine dernière discuté avec Dr Trudeau à ce sujet et j’ai invité le Dr Trudeau à considérer la possibilité que le Collège émette des directives à l’effet qu’un médecin puisse prescrire des médicaments pour une période prolongée (plusieurs années) et ainsi, ne pas faire revenir le patient pour une simple prescription pour un problème identifié et stable (par exemple, épipen pour allergie anaphylactique prouvée et autres médications pour problèmes médicaux récurrents chroniques mais stabilisés).

    De plus, certains examens périodiques ne pourraient-ils pas être planifiés aux 2 ans, voire aux 4 ans?

    Le but est d’orienter une personne chez le médecin de façon plus efficiente et quand c’est médicalement requis.

    Ainsi, si nous avons besoin de voir les personnes moins souvent tout en étant leur médecin de famille, cela nous permettra, à nous médecins de famille qui faisons du suivi, de voir plus de patients différents qui ont un réel besoin de voir un médecin pour ce qui est vraiment médicalement requis (par exemple, prise en charge, plan de soins curatifs et préventifs), et de répondre aux besoins auxquels un autre professionnel de la santé n’a pas pu répondre avant que ces patients viennent nous consulter.

    P. Clifford Blais, mdcm

  3. Marie T :

    J’aimerais savoir pourquoi, aujourd’hui, les médecins font plusieurs activités en même temps, et sont donc très peu disponibles comme médecins de famille. J’avais un médecin de famille que je rencontrais une seule fois par année mais depuis 3 ans, je ne suis plus capable d’avoir un rendez-vous. Puisqu’on est en pénurie de médecins dans ma région, il privilégie l’urgence, donc je me retrouve sans médecin. Mon conjoint a un médecin de famille qui ne fait que 2 jours de bureau, dont un obligatoire au sans rendez-vous et 3 jours à l’hôpital. Il est donc très peu disponible. Cela prend au moins 6 mois avant d’obtenir un rendez-vous quand on appelle à la journée où son horaire est disponible. Pourquoi ne pas mettre les médecins de famille à temps plein dans les cliniques et les médecins d’urgence dans les urgences, tout le monde en profiterait. Les médecins de famille seraient plus accessibles et il y aurait moins de visites à l’urgence.

  4. Dr P. Clifford Blais :

    J’aimerais essayer de répondre à la question de Mme Marie T.

    Les médecins de famille que l’on appellait avant 2010 les médecins généralistes, sont des médecins formés pour pratiquer un évantail de tâches qui vont de l’obstétrique, la pédiatrie, la gériatrie , la cardiologie, l’endocrinologie, la neurologie, la psychiatrie, l’orthopédie, les soins palliatifs, la médecine d’urgence, la médecine sportive, le planning famillial, la médecine communautaire, et j’en oublie sûrement.

    Je suis étonné que votre médecin ne soit pas capable de planifier son horaire d’avance. Les horaires de gardes dans les hôpitaux doivent tous être planifiés d’avance et donc votre médecin peut savoir d’avance ses journées disponibles en bureau.

    De plus même après mes 30 années de pratique en médecine générale, je prends encore à chaque semaine des nouveaux patients orphelins qui n’ont pas de médecin de famille ou qui veulent changer de médecin de famille.

    À tous les jours je vois mes patients aux prises avec des problèmes urgents et ils viennent me voir pour que je les aide et qu’ils n’aient pas besoin de se rendre à l’urgence d’un hôpital.

    Vous dites que vos médecins privilégient les cliniques sans rendez-vous au détriment du suivi de patient, ce n’est pas surprenant quand un médecin au sans rendez-vous peut facilement tirer 250.00 $ l’heure. S’il fait du suivi intercallé de cas urgents, il peut ne faire que 125.00 $ l’heure. En plus, il doit s’attendre à être enquêté par la RAMQ s’il fait plus fréquemment des actes médicalement requis par les conditions de ses patients car la loi est ainsi faite pour surveiller qu’un médecin ne surfacture pas des actes non médicalement requis selon la loi, et c’est correct ainsi d’essayer de contôler un médecin qui ne se fait payer principalement que par un tiers payeur.

    Donc, si plus de médecins de famille se limitaient à ne faire que ce qui est médicalement requis, il y aurait plus de médecins disponibles pour faire du suivi de patients en cabinet.

    Mais pour que cela arrive un jour, il faudra plus de médecins per capita, et surtout des contrôles de la qualité de l’acte médical, ce qui n’existe que de façon anémique pour une industrie qui accapare près de 43 % des dépenses de notre gouvernement à Québec. Un système de contrôle de qualité indépendant de la RAMQ ou du Collège des médecins du Québec devrait exister pour contrôler la qualité des services médicaux rendus par les médecins et rendre imputable un médecin de rembourser une dépense médicale qu’il aurait engendré par son travail, payé par la RAMQ, si cette dépense n’était pas médicalement requise.

  5. Edith :

    Bonjour,

    J’aimerais savoir s’il est possible de changer de médecin. Je vous explique, ma grand-mère souffre d’Alzheimer depuis bientôt dix ans. Récemment, elle a perdu beaucoup de poids et a toujours des nausées. Bref, ce n’est pas un cas « urgent » mais à tout le moins de mini-urgence… Depuis la fin novembre, nous tentons d’avoir un rendez-vous avec son médecin de famille, sans succès ni retour d’appel.
    J’ai finalement pu lui trouver un rendez-vous à une mini-urgence d’un GMF où elle n’a pas de dossier mais qui l’a très bien accueillie. Ils ont changé sa médication, lui ont fait faire des radiographies et un scan. Lorsque j’ai demandé si elle pouvait changer de médecin de famille pour un de cette clinique la réponse a été celle-ci : elle a déjà un médecin de famille donc à moins que celui-ci ne se désiste du dossier ils ne peuvent pas la prendre…

    Donc, on explique la situation au médecin directement qui nous donne un papier afin que son médecin la voit dans les deux semaines suivantes…Le billet a été apporté à la secrétaire qui a dit qu’elle le remettrait directement au médecin.
    Conclusion, deux semaines et demie plus tard, on se rend à la pharmacie car les nouveaux médicaments lui donnent encore plus la nausée. Le pharmacien étudie son dossier et selon lui, des changements pourraient être apportés. Je lui explique que son médecin devait lui donner un rendez-vous mais que nous n’avions toujours pas reçu de nouvelles et ce, après le délai prescrit. Il nous offre de communiquer directement avec le médecin, qui suite à cet appel du pharmacien finit par nous appeler pour nous dire que sur le papier reçu, il était inscrit de quatre à six semaines pour le prochain rendez-vous…

    Je suis désolée mais je ne suis pas aveugle, ni mon grand-père d’ailleurs qui s’occupe à temps plein de sa femme. Je sais que ma grand-mère ne rajeunit pas, elle aura 80 ans en 2012, mais est-ce une raison pour être traitée de la sorte? Elle a une maladie qui exige un suivi plus fréquent qu’annuellement et ça fait bientôt 1 an et demi qu’elle n’a pas eu de rendez-vous.
    Sommes-nous réellement pieds et mains liés lorsque nous avons un médecin de famille qui nous empêche de changer lorsque nous ne sommes pas satisfaits?
    Merci d’avance pour vos réponses!

  6. Josey lacognata :

    Bonjour,

    Pourquoi les patients, au niveau de leur inscription aux guichets uniques, sont-ils limités à leur territoire de CLSC ? Il arrive parfois que dans un territoire « X » l’accès à un médecin soit un peu plus facile que dans le territoire « Y », mais le patient ne peut y aller. La première question qu’on lui pose, c’est « où habitez-vous ? ». Alors que ce même patient peut aller vers n’importe quelle urgence de sa région, il doit se limiter aux cliniques médicales de son territoire de CLSC… Certains patients seraient pourtant prêts et en mesure de parcourir 20 ou 40 kilomètres pour avoir un médecin…

  7. Mm. Kennedy :

    Nous parlons de santé, de bien-être et de vie. Les médecins prêtent serment pour sauver des vies. Ma fille a été refusée en consultation en urgence à la clinique Désy à Montréal, car elle a un médecin de famille. C’est une urgence et il y a donc urgence, pour une vie. En admettant que son médecin ne serait pas en vacances, il y a urgence. Y a-t-il une loi qui est sortie récemment, stipulant que les patients qui ont des médecins de famille ne peuvent pas avoir une consultation avec d’autres médecins?

    Une mère indignée!

  8. Dr Charles Bernard :

    Aucune directive ni règlement n’empêche un patient de consulter un médecin à l’urgence ou à la clinique sans rendez-vous, et ce, même si ce patient a un médecin de famille.

    Il se peut par contre qu’à l’urgence, où un triage est effectué, un patient soit dirigé vers une ressource moins lourde si son problème est jugé mineur ou moins urgent. Mais dans tous les cas, le patient verra un médecin. Ça, c’est la règle!

  9. Nicole :

    J’ai un médecin de famille mais cela peut prendre jusqu’à un an avant d’avoir un rendez-vous. J’ai appelé à la clinique pour le voir en urgence mais je dois convaincre la secrétaire que mon cas est urgent. Je ne tiens pas vraiment à décrire tous mes symptômes à une secrétaire. On m’a demandé de me rendre à la clinique sans rendez-vous afin de rencontrer mon médecin mais… comme plusieurs personnes sont dans le même cas que moi (et se rendent au sans rendez-vous), je n’ai pu le voir car il ne faisait que 4 h au sans rendez-vous. À quoi sert exactement un médecin de famille quand cela peut prendre jusqu’à une année avant de le rencontrer? Comme j’ai différents symptômes depuis le mois d’octobre, je n’aurai pas le choix de consulter la secrétaire avant de consulter mon médecin.
    C’est pathétique!

  10. Francine Bourbonnais :

    Voici mon problème : mon médecin de famille prendra sa retraite en date du 1er mai 2012, et j’aimerais savoir si dans la région de Drummondville (nous sommes de St-Pie De Guire) il y a une clinique de médecine familiale comme à la Cité de la Santé de Laval, avec des étudiants en médecine de dernière année.
    Nous étions patients de cette clinique depuis 15 ans et personne ne peut prendre la relève de notre médecin.
    Merci de votre collaboration.

  11. Collège des médecins :

    À la suite de modifications à la Loi sur les services de santé et les services sociaux, les centres de santé et de services sociaux (CSSS) se sont vu confier une responsabilité populationnelle, à savoir, établir un guichet unique pour la clientèle vulnérable ou orpheline. En vertu d’une entente entre le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), un coordonnateur médical territorial a été nommé pour la plupart des régions. Il a pour fonction principale de faire le lien entre le guichet unique et les médecins. Vous pouvez consulter ce répertoire pour votre région : http://www.msss.gouv.qc.ca/repertoires/csss/region.php?no=4

    Le Collège est très conscient de la pénurie d’effectifs médicaux au Québec et des difficultés causées par cette situation, et met tout en oeuvre afin d’en d’amoindrir les effets pour la population.

  12. Lamonta Félix :

    Depuis peu, je suis suivi en unité de médecine familiale à Verdun par une IPS, autrement dit une infirmière de première ligne spécialisée.
    Jamais je n’ai eu de rendez-vous aussi rapidement. Elle sait prendre son temps avec les patients, elle est courtoise, très professionnelle (même plus que bien des médecins) et très à l’écoute. On voit qu’elle adore son métier et qu’elle s’y donne à fond pour performer encore et encore.
    Cette IPS est supervisée par un médecin de famille, alors aucun problème en cas de doute : elle va le trouver pour avoir son avis et le tour est joué.
    Pourquoi ne pas tout faire pour la formation de ces IPS qui remplacent très bien le médecin de famille manquant? Cela pourrait être une solution pour enrayer cette pénurie de médecins de famille tant alarmante.
    Encore chapeau à G.T.G.

  13. D. H. Leblanc :

    Concernant l’accessibilité des médecins, je viens de lire que le ministre Hébert a pour objectif d’augmenter le nombre de GMF et de diminuer largement les AMP.
    Je veux bien, mais il me semble avoir lu dans une entente entre les GMF et le ministère que les GMF se doivent d’être ouverts 12 heures par jour, 7 jours par semaine. Évidemment, on y ajoute que ceci est selon les ressources médicales disponibles. Et qui détermine si les ressources sont disponibles? Les médecins du GMF eux-mêmes ou leur médecin « responsable », si je ne me trompe…
    Voilà peut-être pourquoi dans notre coin, les GMF sont fermés à compter de 14 heures les vendredis, samedis et dimanches. Seul choix : urgence de l’hôpital.
    Il me semble que les GMF remplacent ce que devaient être les CLSC au niveau « cliniques médicales de 1ère ligne ». Mais dans les règles actuelles émanant totalement du pouvoir privé des professionnels, je ne suis pas sûr que la multiplication des GMF et des paramédicaux dans ces GMF va régler le temps d’attente en urgence hospitalière. D’ailleurs, la notion d’urgence n’existe plus en GMF ou en clinique privée. On parle de « sur rendez-vous » et de « sans rendez-vous ». Et d’ailleurs, il n’y a même plus de sans rendez-vous dans plusieurs endroits puisqu’il faut prendre rendez-vous la veille ou le matin même. Pire, trop souvent, si votre médecin de famille n’oeuvre pas dans ledit GMF, on refuse de vous prendre.
    On dirait que certains ont envie de raréfier encore plus les ressources médicales. Comme on dit, ce qui est rare vaut encore plus cher…

  14. Chantale Proulx :

    Bonjour,
    Justement, concernant l’accessibilité aux soins de santé voici mon problème.
    Ça fait maintenant 6-7 ans que mon conjoint a des maux de dos. Un scan et une résonance ont démontré qu’il avait des hernies à plusieurs niveaux. J’essaie depuis des années d’avoir un physiatre ou un orthopédiste pour le traiter mais je n’en trouve pas. Dernièrement, la secrétaire d’un orthopédiste m’a téléphoné pour me dire que mon conjoint ne nécessitait pas d’opération et que le médecin le verra seulement dans quelques années avec d’autres examens! Pourquoi ne pas le voir présentement et lui faire des traitements pour le soulager? Je ne comprends pas et je ne sais plus où chercher. Il veut seulement être soulagé… Il faut me donner une solution pour qu’il retrouve un bien-être satisfaisant.

  15. Y.N. Dang :

    Je suis médecin. Je travaille sur rendez-vous et aussi à la clinique sans rendez-vous. J’aimerais bien savoir comment gagner 250$/heure. Lorsque je comptabilise le temps que je passe à réviser les résultats, à rappeler les patients, à retourner les appels des intervenants, à chercher des dossiers et des résultats égarés, à essayer de comprendre des patients qui s’expriment avec difficulté…la liste est longue. Ça me surprendrais si j’arrive à 125$/heure. Je ne m’en plains pas. Mon salaire est au dessus de la moyenne québécoise. Je crois que la plupart des médecins sont passionnés par la médecine et adorent le contact avec les patients. Je crois aussi que la semaine de travail de 70 heures ne doit pas être la norme. Un médecin qui travaille fatigué est un médecin qui travaille avec des facultés affaiblies.
    Respectueusement

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